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L'Assemblée de l'Union française

1952- 1958

Après la Libération, Achille Peretti  participe à l’émergence du Rassemblement du Peuple  Français (RPF)  qui voit le jour en 1947. Il s’y investit avec conviction dans la  constante fidélité au général de Gaulle. Sa connaissance de l’Afrique acquise au travers de ses fonctions de président de la société Minière de l’Est-Oubangui et de la Compagnie Française du Haut et Bas-Congo, (1947-1948) le conduisent à être nommé conseiller de l’Union française en 1952.

L’Union française (1946-1958) est l’organisation politique de la France et de son empire colonial crée par la Constitution de la 4ème République. Son concept en est décrit par le général Catroux :

« La France forme avec les pays d’outre-mer une Union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs sans distinction de races ni de religion. L’Union française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun et coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroitre leur bien-être et assurer leur sécurité ».

L’Union  française  trouve son terme avec l’avènement de la 5ème République (1958), date à partir de laquelle Achille Peretti se consacre exclusivement à ses mandats électoraux de député et maire.

 

​​​La guerre d'Algérie

 

1954-1962

 

Les troubles en Algérie ont une forte répercussion sur l’ensemble du territoire français et créent soubresauts et réelles dissensions au sein même des familles. En 1958, il fait partie de ceux qui œuvrent au retour du général de Gaulle. Déconcerté et très inquiet face à cette situation on ne peut plus complexe, il fonde le Club des « 22 », groupe de réflexion constitué d’hommes d’influence, aux appartenances politiques diverses, unis par le ciment de la Résistance, désireux de continuer à servir la nation. Les quatre années qui vont suivre, avec leurs conflits, atermoiements et désarroi conclues par le référendum de janvier 1961 seront source de déstabilisation et de violence. Visé pour son positionnement et sa fidélité au général, il échappe de justesse à l’attentat de la mairie de Neuilly dont l’explosion souffle les murs et tord l’imposant portail en fer forgé. En 1962, après l’indépendance de l’Algérie, indigné par l’abandon réservé aux Harkis, il est l’un des premiers à soutenir les fusiliers marins par le parrainage Neuilly-Nemours. 

 Neuilly marraine de Nemours 

Les Harkis de la demi-brigade de Fusiliers marins

La ville de Neuilly entretient des liens privilégiés avec la Famille d’Orléans.  Le château de Neuilly était la résidence favorite du roi Louis-Philippe durant la totalité de son règne. Le Prince héritier, à l’abrogation de la monarchie souhaitera porter le titre de comte de Neuilly. Ferdinand Philippe d’Orléans périt dans un accident sur la route de Neuilly (une chapelle de style byzantin sera érigée, en son honneur, sur les lieux mêmes du drame). Les noms des rues de Neuilly attestent de cette relation : rue Louis-Philippe, rue d’Orléans, rue de Chartres, rue de l’Amiral de Joinville, place du duc d’Orléans dont la statue équestre de la place du Gouvernement à Alger est démontée en 1963, installée à Vincennes puis à Neuilly en 1974 et inaugurée par le maire Achille Peretti en Février 1981.

Ces raisons ont sûrement conduit à la décision, en 1956, du jumelage de la ville de Neuilly avec celle de Nemours, ville de la côte algérienne à 30 kilomètres de la frontière marocaine, anciennement Djemma-Ghazouat rebaptisée Nemours en l’honneur de Louis d’Orléans, duc de Nemours. C’est à Nemours que l’émir Abd  El-Kader, en 1847, fera sa reddition à son frère Henri d’Orléans, duc d’Aumale.

Compte-tenu de l’importance stratégique du site, contrôle des entrées terrestres et maritimes, une Demi Brigade de Fusiliers Marins (DBFM)  est constituée en 1956 . Forte de 3500 hommes (de 1958 à 1962, 15000 hommes dont une majorité d’appelés se succéderont dans ses rangs). Elle comptera 197 morts et 254 blessés. En plus de son rôle d’unité combattante, elle enseigne, construit, soigne, protège.

A la suite du massacre par le Front de Libération Nationale (FLN) d’un bourg, les habitants des villages voisins ont demandé la protection de la DBFM qui a construit un lieu pour les regrouper. L’une des premières harkas de l’Oranie sera alors constituée par des volontaires de 18 à 60 ans au sein de la Brigade. Les Harkis participeront aux opérations essentiellement en tant que pisteurs et éclaireurs, ils seront d’une loyauté absolue (2 désertions en 4 ans).

La DBMF, en 1962, contrevenant aux consignes et ordres, organisera le rapatriement des ses Harkis, d’abord à Mers El Kébir puis à Toulon, au Larzac enfin à Largentière en Ardèche, soit 651 personnes (200 hommes, 150 femmes, 300 enfants et une naissance sur le bateau).

Pour mémoire et à son honneur, la Marine nationale rapatriera 6000 Harkis.

 

La commune de Neuilly sera solidaire financièrement de l’installation des Harkis à Largentière, les enfants de Harkis participeront à ses colonies de vacances, distribution de jouets pour  Noël, de fournitures scolaires et en remerciement une cité de résidents harkis sera baptisée Neuilly-Nemours. L’Association des Anciens de la DBMF faisant de son côté une collecte de fonds de soutien.

​En juin 2009 le maire de Neuilly Jean- Christophe Fromantin participe à la cérémonie commémorative du  cinquantenaire accompagnée de l'une des filles d'Achille Peretti. A la faveur de cet évènement, une médaille du souvenir est éditée.

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Tous drois réservés

LE SAC ?

D’aucuns se sont complu à répandre à l’envi sans jamais en apporter un début de preuve, qu’Achille Peretti avait été partie prenante du SAC. Il s’avère qu’il n’y a jamais appartenu et  en a été d’autant moins membre fondateur ou dirigeant.

Depuis la Libération jusqu’à la fin des années 1980, les tensions exacerbées, sur fond de Guerre froide, de perte de l’empire colonial français, des « événements » d’Algérie, de l’Organisation Armée Secrète (OAS), armée clandestine ont, à maintes reprises, mis en danger les gouvernements successifs, notamment ceux du général de Gaulle, dès son retour aux affaires en 1958. C’est pourquoi, en 1960, l’association « Service d’Action Civique » (SAC) a été créée par d’anciens résistants. Son but était de constituer une garde de fidèles du général de Gaulle avec mission de défendre et de faire connaître sa pensée, ainsi que son action et d’assurer sa protection.

Protection dont l’ensemble de la classe politique gaulliste a bénéficié également.

Considéré par certains comme une police parallèle, le SAC est devenu sulfureux à la suite de recrutements erratiques, surtout à partir du basculement de la politique en Algérie. De graves dérives s’ensuivirent, certaines de nature criminelle. À la faveur de l’une d’elles ayant révélé des pratiques de banditisme organisé, le président de la République François Mitterrand, décida de dissoudre le SAC en 1982, en application de la loi sur les groupes de combat et les milices privées.

Une plaque « Aux Harkis- Marine, les Fusiliers Marins reconnaissants » est inaugurée le 09 juin 2001  ainsi qu'une  stèle à l’honneur des Harkis de la DBFM  en juin 2002. Chaque premier week-end de juin, une réunion chaleureuse réunit des Anciens de la DBFM et des Harkis.

Inauguration de la statue place du duc d'Orléans par Achille Peretti en 1981

 

Le Club des "22"

​​​​​​​​​​​​7 janvier 1987, le  "Compagnon" et général de Bénouville, convie les "22" à un déjeuner à l'hôtel Marcel Dassault, siège de "Jours de France", au rond-point des Champs Elysées. Le service de table en porcelaine de Sèvres  commandé par ses soins, est orné de la Croix de la Libération

 

 

L’année 1958 marquée par les troubles de la guerre d’Algérie, le retour du général de Gaulle et l’avènement d’une nouvelle Constitution ne peut laisser  Achille Peretti indifférent et passif. Secondé de deux autres Compagnons de la Libération, André Dewavrin et le général Pierre Guillain de Bénouville, il fonde le Club des « 22 », ainsi dénommé probablement en souvenir de son passé de policier.

Club de réflexion discret et confidentiel composé d’hommes d’expérience et d’influence, tous issus de la Résistance et de la France Libre,  les « 22 », se mettaient au service du pays, au delà des contingences ou appartenances politiques. Dans les périodes de troubles ou de difficultés, ses analyses étaient les bienvenues et prises en considération par la classe dirigeante toutes tendances confondues.

Parmi ses vingt-deux membres cooptés à l’unanimité, figuraient vingt et un Compagnons de la Libération, treize ministres, six académiciens, des présidents du Conseil constitutionnel, du Conseil économique et social, de l’Assemblée nationale, un prix Nobel scientifique etc.

 

​Le Club des « 22 » se réunissait une fois par mois à l’occasion d’un déjeuner auquel était convié parfois un invité d’honneur ; personnalités du monde politique, militaire, économique, scientifique ou spirituel. Parmi lesquelles le général Lanxade, Monseigneur Lustiger, les professeurs Bernard et Jouvet, Hélène Carrère d’Encausse…Ou bien encore dans le milieu politique  François Mitterrand, Jacques Chirac, Raymond Barre, Simone Veil …

 

D’éminents présidents se succédèrent :

Achille Peretti, gaulliste,  de 1958 jusqu’à son décès en 1983, Henri Frenay,  ancien chef de « Combat », socialiste  militant d’une Europe fédérale, Jacques Piette, ancien chef national militaire de l’OCM, membre du comité directeur du parti socialiste, Jean Matteoli,  ancien déporté, RPR, plusieurs fois ministre, président du Conseil Economique et Social,   Yves Guéna, gaulliste de la première heure, plusieurs fois ministre, président du Conseil constitutionnel.

 

Faute de « Combattants », compte tenu de l’âge  et des critères de recrutement, Yves Guéna ,  son dernier président,  dût se résigner à en  décider la clôture . Elle se fit le 3 décembre 2008, lors d’un déjeuner au domicile de Renée Michelangeli-Peretti qui, après le décès de son père, avait assuré  la continuité du Club.

Témoignages :

 

« Le Club des « 22 » croit avoir, en ces cinquante ans, rempli la mission de réflexion vigilante qu’il s’était assignée au service de la République. »

Jean-Louis Crémieux –Brilhac, historien de la France Libre

 

« Ce groupe est unique par bien des côtés. Ses membres sont soudés par une amitié que les divergences d’opinion n’altèrent pas et capables de dire et de faire entendre si cela est nécessaire. »

Jacques Piette, ancien président du Club

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