Le maire de Neuilly

           LE MAIRE 

«  La ville a été façonnée avec passion durant 36 années par un véritable orfèvre »

Nicolas Sarkozy, 3 mai 1984

A ses côtés, son jeune-conseiller municipal délégué, Nicolas Sarkozy, devenu son successeur à la mairie en 1983 et président de la République en 2007

Avec ses deux premiers adjoints, Edith-Gorce-Franklin et Louis-Charles Bary, 1977

« Achille Peretti était autoritaire. Il réfléchissait cependant quand on lui faisait passer un message. Il écoutait. Il savait trancher. Il était passionné dans tous les domaines. Il n’était pas enfermé dans une ligne. Il  était libre d’esprit. Bien qu’il ait un rapporteur du Budget, le chargé des Finances, c’était lui ».

Louis-Charles Bary, UDF, adjoint pendant toute la mandature d’Achille Peretti, puis celle de Nicolas Sarkozy avant de devenir maire à son tour.

1977, des membres de la municipalité

lui offrant un plateau d'argent avec leurs signatures pour le trentième anniversaire de son mandat de maire. Encadré par ses adjoints, le sénateur Jean Fleury et Mme Marguerite Dupont-Fauville.

L'inauguration du CES André Maurois par le ministre Edgar Faure

«  C’était un patron, un vrai patron. Il avait du mal à déléguer. Toujours respectueux et courtois. Il veillait au confort de son entourage. Sur le plan social, il a amélioré considérablement les conditions de vie dans la commune. Ce fut un grand urbaniste. »

J. Chassigneux, secrétaire général de la mairie de Neuilly  de 1954 à 1983 

L'inauguration du Complexe sportif de l'île du Pont par le ministre Michel d'Ornano en 1980

"Dès sa première élection en 1947il s’appliquera à associer la minorité du Conseil élue avec CB Metman, à la gestion municipale de la majorité puis, à l’issue de son premier mandat, il réussit à présenter une liste fondant les diverses tendances nationales dans le seul souci du bien de la ville. En 1975, après 28 ans de magistrature municipale, il demeure fidèle à cette politique libérale ».

Neuilly par Pierre Coulomb

Les fleurs de la victoire pour son septième mandat de maire en mars 1983

Témoignages

 

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1947 - 1983

 

 

Sa véritable entrée en politique débute à Neuilly sur Seine. Il s’y est créé des contacts pendant la guerre après y avoir implanté une antenne du réseau «Ajax » dont le groupe « Liberté » s’est illustré en participant âprement à la libération de la ville. Porté par la vague gaulliste, soutenu par ses amis résistants, il est élu maire dès le premier tour le 26 octobre 1947 sous l’étiquette Rassemblement pour la République (RPF).  Il en est réélu sans discontinuer en 1947, 1953, 1959, 1965, 1971, 1977, 1983. Le 6 mars 1983, pour la septième fois, il est candidat  de l’opposition rassemblée  (RPR, UDF, Démocratie Chrétienne, CNIP des Hauts de Seine, Parti Libéral). Élu au premier tour avec 60,04%  des voix, il décède brutalement un mois plus tard, victime d’une crise cardiaque.

Des noms prestigieux de la Résistance le rejoignent au conseil municipal : le commandant André Caillette, Edith Gorce-Franklin, Jean Fleury, André Dewavrin, le général Monclar, Jacqueline Camus … Il pratique une politique d’ouverture, recherche le consensus, crée de vrais liens de fidélité avec ses collaborateurs et son équipe municipale. Seule la mort les séparera.

 

Gestionnaire rigoureux, économe avec les deniers du contribuable, maitrisant une fiscalité basse, il privilégie la qualité des équipements publics. Écologiste avant l’heure, il refuse la poussée du gigantisme, l’irruption de tours, tout en faisant évoluer la cité et la remodelant. Il s’attache à  en préserver l’âme et  l’esprit, sa qualité de vie. Avec son îlot de verdure étendu et protégé Neuilly conserve les ¾ de son territoire en zone résidentielle. En 1951, Il est le premier à créer un Plan d’Occupation des Sols (POS) homologué et  publié en France. Ce plan servira de modèle aux autres collectivités territoriales sur l’ensemble du territoire.

 

De nombreux établissements collectifs à son actif :

 

Parmi lesquels les écoles Dulud, Charcot, Michelis, le lycée Saint James, le collège André Maurois, le centre de Sécurité Sociale,le foyer Dupont-Fauville, l'Hôtel de Police, La Résidence du Pont pour personnes âgées, des logements sociaux, l'extension de l'hôpital de Neuilly, le marché couvert du "Carreau de Neuilly" celui de   Windsor, les parkings Roule et Inkermann, l'abri anti-atomique...

 

Dans le domaine du Sport :

La piscine Inkermann, le Stade Monclar, les tennis Nortier, la Salle du 167 avenue Charles de Gaulle, le Club de tennis de table, le Complexe sportif de l’île du Pont  avec son cercle nautique et les terrains de tennis sous l’arche du Pont.

 

Dans celui de la Culture :

Le cinéma le Village, le théâtre de l’avenue Charles de Gaulle, l'ouverture du Centre Arturo Lopez avec le musée des Automates et la bibliothèque, la Maison des Jeunes et de la Culture  et son café-théâtre...

Les jumelages :

Favorable aux échanges européens, il fait voter par son conseil municipal les jumelages de Neuilly avec  les villes de Windsor en Grande Bretagne (1955), Hanau en Allemagne (1969), Uccle  en Belgique (1973).

En 1956, il est l’un des premiers à  adhérer à la campagne de solidarité métropole-Algérie du Mouvement National des Élus Locaux. Après de nombreux échanges, Neuilly parraine la ville portuaire de Nemours, non loin d’Oran. Les Harkis trouvent refuge et travail à Largentière en Ardèche où le lieu est baptisé Neuilly-Nemours.

 

Le regret d’un visionnaire : l’enfouissement de l’avenue Charles de Gaulle

 

Cette voie nationale coupe la ville en deux. Des flots de voitures s’y déversent sans discontinuer, avec les dangers et nuisances inhérents.

En 1971, Il met son mandat en jeu et refuse avec ardeur la construction d’un viaduc autoroutier imposée par son ami, le gaulliste Albin Chalandon, ministre de l’Equipement et du Logement. Le projet ambitieux de l’architecte Vidal prévoyant l’enfouissement total de l’avenue et sa couverture végétalisée répond à ses vœux. Projet aussi lourd techniquement que financièrement. Aussi, suggère-t-il de le faire inscrire dans les grands travaux présidentiels. Le président de la République Valérie Giscard d’Estaing a d’autres préoccupations. Malgré tous ses efforts, Achille Peretti s’en ira sans avoir vu naître cet ouvrage qui lui tenait tant à cœur. 

 

Neuilly pour lui est une longue  histoire d’amour

 

En 1969  alors qu’il est honoré d’avoir été élu président de l’Assemblée Nationale, il déclare que si le non cumul des mandats le mettait dans l'obligation d' en abandonner un, il ferait le choix de conserver celui de maire.

 

Philipe Seguin, président de l’Assemblée nationale dans son  ouvrage « 240 dans un fauteuil »  le décrit en ces termes :

 

"Ce Corse à l’accent chaleureux, que sa jovialité et sa spontanéité avaient fait surnommer « le bouillant Achille » avait le don de susciter la sympathie. Celle-ci ne lui fut pas marchandée par les habitants de Neuilly, qui par sept fois élurent sa liste dès le premier tour. Il faut dire qu’il ne ménagea ni sa peine ni son imagination pour cette ville, qui fut l’une de ses grandes passions et qu’il dota d’équipements  nombreux et enviés. «  Je suis un entrepreneur, disait-il de son métier de maire, je conduis la ville comme une affaire privée ».

Le « bouillant Achille » était décidément un homme moderne."

PREMIERS PAS EN POLITIQUE

 

VICE-PRÉSIDENT DU CONSEIL GÉNÉRAL DE LA CORSE

1945 -1951 

Sollicité par ses compatriotes insulaires, il se présente au Conseil général de Corse. Sous l’étiquette de l’Union Nationale Gaulliste réunissant radicaux et bonapartistes,  celui qui a défilé aux côtés du général de Gaulle lors de la Libération de Paris est acclamé. Il est élu conseiller et dans la foulée vice-président. Il le restera jusqu’en 1951.