Le policier résistant

ACHILLE PERETTI

Compagnon de la Libération

Police et Résistance

Créateur et chef du réseau "Ajax"

 

Pseudo Ajax

Alias  Paul Vatier,  Paul Paolini, Paul Vandeuil

Pour mon ami et compagnon Achille Peretti, en témoignage ! C. de Gaulle

La Libération de Paris. De droite à gauche : le général Leclerc, le général de l'air Valin, le képi du général Koenig, le général de Gaulle, Achille Peretti.

                                                                                               Droits réservés

1937 

 

En 1937, attiré par l’action et la chose publique, il passe avec succès le concours de commissaire de Police et délaisse le Barreau. Quand la  Deuxième Guerre mondiale éclate, commissaire de police municipale  à Ajaccio (la police nationale n’existe pas encore), il refuse d’être affecté spécial et demande à rejoindre les forces armées. Dès lors les rôles de policier et résistant seront étroitement liés.

1940 

Dès 1940 il entreprend une lutte active contre le régime de Vichy.

Le 25 avril 1940, mobilisé au 19e train des équipages, il obtient d’être versé à l’Etat-Major de la 7e Région à Dijon, où en vertu de sa formation professionnelle, il sert dans le contre-espionnage. Surpris à Troyes par l’avancée allemande, il parvient à rejoindre Dijon et se replie  par étapes successives jusqu’à Perpignan. Au hasard des vicissitudes de la guerre, il rencontre Simon Cotoni, chef du contre-espionnage niçois qui, comme lui, cherche à gagner Londres. Les deux policiers sympathisent et tentent, mais en vain, d’embarquer sur un destroyer anglais ancré à Port-Vendres, rapatriant des troupes polonaises. Finalement il reçoit une affectation provisoire au service du contre-espionnage de Nice où il retrouve Simon Cotoni qui, de son côté a repris ses fonctions.

Août 1940,  dans les semaines qui suivent, il est officiellement affecté à Ajaccio où il organise la mise en place d’émetteurs radio clandestins en prévision d’une occupation allemande ou italienne. Recevant des armes de Nice, il les cache chez Henri Maillot, futur Compagnon de la Libération, petit cousin du général de Gaulle. De son côté, Cotoni met à profit l’affectation de commissaire de police d’Achille Peretti en Corse, pour en faire sur l'île son représentant clandestin du 2e Bureau français de la XVème Région militaire et le présente au capitaine Guiraud, des Services du colonel Paillole.

 

1941 

 

Le 17 mars 1941, le préfet Balley le soupçonne de travailler pour la Résistance et le fait muter à Nice où il  se rapproche géographiquement de Simon Cotoni.  Tous deux mutualisent leur activité de résistants. Il est affecté à la police judiciaire et informe ce dernier de tout ce qui se trame dans ce service à l’encontre des Résistants.

 

1942 

 

En janvier 1942, il entre en relation avec les Forces Françaises Libres par l’intermédiaire de Maurice Andlauer dont il avait fait la connaissance à Ajaccio et qui le fait admettre au réseau de renseignements « Ali » dirigé par Roger Wybot. 

En avril, nommé à Vichy à l’inspection générale de la Police judiciaire il réalise son projet, de concert avec Andlauer. Il en profite pour "piller"  les archives du gouvernement de Vichy lors de ses permanences. Parmi ses coups d’éclat, il vole et transmet au Bureau Central de Renseignements et d'Actions, dit le BCRA, le dossier de la condamnation à mort de son chef, le colonel Passy.

 

En mai, il signe son engagement dans les Forces Françaises Libres (FFL). A Nice il a l’occasion d’empêcher de nombreuses arrestations. Il projette de créer à l’intérieur de la police de Vichy une organisation de  renseignement, de contre-espionnage et de préparation de la Libération.  

 

En juin, sur ordre de Londres, il se rend  dans l'île de Beauté afin d'établir les bases du réseau R2 Corse et organiser la venue de celui qui en deviendra le chef, Fred Scamaroni, déjà chef du réseau "Copernic", en vue de la préparation de la libération de la Corse. Ce Français Libre, prisonnier et torturé, choisira de se suicider à l'âge de 29 ans, plutôt que de prendre le risque de parler. Il sera fait Compagnon de la Libération à titre posthume.  Mission réussie : les bases du réseau  sont établies.

 

Le 9 août à Vichy, suspecté, Peretti  est arrêté et accusé de vols de documents au profit des Anglais et du général de Gaulle. Faute de preuves, il est relâché.Se sentant menacé, il demande  sa mise en disponibilité. Dès lors il va se consacrer essentiellement à ses activités résistantes au sein du réseau « Ali » dont il est devenu le sous-chef.

 

1943 : Londres

Face au durcissement de la répression vichyste,  depuis 1942, il a  longuement réfléchi à une stratégie garantissant une efficacité d’action et une plus grande sécurité des Résistants. Convaincu de l’existence, au sein de l’institution policière, de potentialités susceptibles d’être mises à profit, il en est venu à rédiger un mémorandum confié à Andlauer pour le communiquer au BCRA. Jusqu’à ce qu’il réalise  un peu tardivement qu'il ne sera jamais arrivé à destination.

 

En avril, il organise avec son ancien collègue, le commissaire Louis Dubois, chef de la DST de Nice, l’évasion de Jacques Robert, chef du réseau « Phratrie », futur Compagnon de la Libération, arrêté par la police de Vichy. L’affaire connaît un succès éclatant. Cette mission lui vaudra d’être envoyé à Londres afin d’y soumettre son projet de création d’un réseau de police de résistance.

 

Le 13 juin, jour de son anniversaire, grâce à Jacques Robert, il parvient sous l’identité de Paul Vatier,  à rejoindre enfin  Londres . Dans l'avion  Lysander  il se trouve en compagnie du chef d’Etat Major de l’Air,  le futur amiral Nomy et du capitaine de Vaisseau Casenave. 

 

La note du BCRA retrouvée stipule : « Phratrie envoie à Londres Achille Peretti, ami de Maurice Andlauer Ali, qui lui promettait depuis longtemps ce départ sans lui en fournir les moyens ». Ce qui  confirme son sentiment d’avoir été entravé.

 

A Londres il rencontre le colonel Passy, chef du BCRA et le commissaire à l’Intérieur  André Philip. Sous le pseudonyme d’Ajax, il y suit une période de formation expresse à l’issue de laquelle il est breveté chef d’atterrissage. Cette qualification lui procure les compétences nécessaires à l’organisation de liaisons aériennes clandestines entre Londres et la France.

 

Le 20 juin, il reçoit l’ordre de mission signé de Tony Mella,  chef de la section renseignements du BCRA validant sa proposition de création d’un service de protection, officialisé sous le nom d’ « Ajax » . Tels sont les termes de la mission ;

 

But: « La mission Ajax a pour but de monter dans la Zone Sud un réseau de recueil et de centralisation de renseignements militaires et administratifs.

Ce réseau dont les contacts seront principalement choisis dans les milieux de la police  disposera de toutes les sources d’information que ces milieux peuvent contrôler ou atteindre.

Il disposera d’importantes sources d’informations militaires, aéronautiques (terrains d’aviation) et maritimes, ainsi que de documents sur les transports.

 Le réseau Ajax sera de plus particulièrement bien équipé pour la recherche et la transmission de renseignements policiers et administratifs, permettant d’augmenter sensiblement la sécurité des réseaux travaillant en France, et de leur communiquer tous éléments susceptibles de faciliter leur travail.

 

Moyens et contacts: le chef de la mission Ajax sera muni le plus rapidement possible de postes ER et d’un opérateur.

Il sera dès maintenant en liaison pour le passage de ses télégrammes et de son courrier avec la Centrale Champlain et gardera le contact avec celle-ci pour l’acheminement des courriers.

Pour le montage proprement dit de son réseau, il reprendra les très nombreux contacts qu’il avait précédemment établis dans tous les secteurs de l’administration policière ».

 

Budget: Une somme d’un million, partie en francs, partie en dollars, lui sera confiée à son départ. Un budget détaillé devra nous parvenir dès que possible.

 

Liaisons intérieures: Le chef du réseau Ajax organisera personnellement les liaisons intérieures de son réseau, conformément aux règles qu’impose la sécurité. Il devra rompre les contacts que son réseau avait antérieurement avec le réseau Brutus dès que la liaison avec la Centrale Champlain fonctionnera normalement ».

 

Le 22 juillet 1943, revenu en France en avion Lysander en qualité de chef de mission de 2e classe avec le grade de commandant, il rejoint Nice non sans difficultés et crée les bases du réseau. Avec une poignée de fidèles, essentiellement commissaires et inspecteurs de police, il procède aux recrutements. Le réseau  « Ajax » va comprendre 1 200 agents. La Centrale est installée à Lyon et  dirigée par Michel Hacq. Achille Peretti organise la structure « Ajax » en sous-réseaux dont il anime et coordonne l’activité : « Candide » dirigé par Léon Théus, concentré sur la Zone Sud; « Zadig », dirigé par André Godin et centré sur la zone Nord; « Micromégas » dirigé par Simon Cotoni, plus spécialement dévolu au renseignement militaire sur l’ensemble de la France, avec un excellent pied-à-terre en Suisse.

 

Le succès d’ « Ajax »  fera écrire au colonel Passy dans l’historique du BCRA :

 

« Un très grand réseau de contre-espionnage fut créé en France même sous le nom de réseau « Ajax » par Achille Peretti. Peretti fut pour nous, dans le domaine du contre-espionnage, ce que fut Remy dans le domaine du renseignement : un extraordinaire agent secret à la fois prodigieusement courageux et merveilleusement efficace. Grâce à lui, nous eûmes des yeux et des oreilles partout».

 

1944 

 

En janvier, appelé à Londres  en vue d’une future mise à disposition auprès du gouvernement provisoire de la République française en Afrique du Nord, il souhaite rester auprès de ses camarades de combat. Londres se fait plus insistant.

Le BCRA organise une opération aérienne en janvier qui échoue en raison du mauvais temps. C’est le 3 mars par voie aérienne, dans des conditions très périlleuses qu’il est finalement "enlevé" vers l’Angleterre où il est nommé chef de mission de 1ère classe, après avoir mis son organisation parfaitement au point et l’avoir confiée à son collègue Léon Théus. En dépit de l’éloignement, il ne cessera de garder sur le réseau « Ajax » un œil vigilant.

 

Le 4 mai, le général de Gaulle le nomme préfet, adjoint au directeur général de la Sûreté Nationale. Il le convoque et le reçoit à Alger où vient d’être installé le Gouvernement Provisoire.

 

Le 10 mai, sa mission est précisée par un courrier  du directeur général de la Direction Générale des Services Spéciaux, André Philip avec la mention «Très Secret »  qui lui est adressé sous son pseudonyme Paul Vatier :

 

 « Le commandant Paul Vatier, de la DGSS, nommé par vous directeur adjoint de la Sûreté Nationale et délégué à ce titre à Londres, continuera à recevoir de mes services toutes facilités pour mener à bien sa tâche et notamment celle que peut fournir le réseau Ajax. Je prends acte  également de votre accord sur le fait que ce fonctionnaire est accrédité auprès de votre Département comme délégué de la Résistance au sein de la Préfecture de police et de la Sûreté Nationale, et qu’il présentera en cette qualité toutes suggestions, en vue de la réorganisation de ces deux administrations. Je note en dernier lieu que le Commandant Vatier est chargé de coordonner et de diriger tous les services de police dans la zone d’opération Nord ».

 

Devenu le patron des policiers dans la zone d’opération Nord,  il participe à la préparation de la restauration de l’État,  et à celle de la Police  de la Libération.

 

Du 30 mai à la mi-juin, il effectue divers mouvements en Normandie avant et après  le Débarquement,  précède le général de Gaulle à Bayeux  et regagne Londres.

 

Le 24 juin, par décision du général Koenig, il est élevé au grade de lieutenant-colonel, toujours sous le pseudo Paul Vatier.

 

Août 1944: La Libération de Paris 

 

Le 25 août, devenu préfet de 3e classe hors-cadre, il est chargé de la sécurité du général de Gaulle qu’il rejoint à Chartres après le débarquement. A bord de deux voitures, ils foncent vers Paris, escortés par huit motards de la police. Des tirs partent de tous côtés. Le Général refuse de se mettre à l’abri. C’est alors qu’Achille Peretti, s'intégrant volontairement au dispositif mis en place se mêle à un groupe de quatorze hommes de l'unité, participe au nettoyage des nids de résistance allemands de la rue de Bourgogne et à l'investissement du  Palais Bourbon. Un officier, portant drapeau blanc, et 350 hommes se rendent. Après une étape au Palais de Justice puis à la préfecture de Police, le cortège atteint l'hôtel de ville au son de la Marseillaise où les Parisiens enthousiasmés et émus vibreront en entendant le fameux discours "Paris outragé...mais Paris libéré".

 

le 26 août ,  dans Paris en délire, toujours aux côtés du général de Gaulle  pour le dépôt de gerbe à l’Arc de Triomphe et la descente des Champs Elysées, il  lui fraye un chemin  parmi la foule excitée. A l'arrivée à  Notre Dame de Paris, des coups de feu fusent de toutes parts créant un début de panique. Achille Peretti ne lâche pas le Général qui,  imperturbable  et malgré les recommandations traverse le parvis, pénètre  dans la Cathédrale où va retentir un grandiose Te Deum.

 

Achille Peretti termine la guerre chef de mission 1ere classe et se voit attribuer un certain nombre de décorations à titre militaire, dont la Distinguished Service Order (DSO), l’une des plus prestigieuses de Grande Bretagne, sous son pseudo Vatier :

 

« Paul VATIER -  Cet officier de police français a travaillé clandestinement contre les Allemands depuis le mois d’avril 1942. Il renonça à ses fonctions de police dès la fin de 1942, afin de consacrer tout son temps à travailler pour notre compte. À partir de ce moment il était porté sur la liste des suspects par les autorités de Vichy.

Après un stage à Londres en juin/juillet 1943, il retourna en France pour y créer un réseau indépendant dont le but principal devait être la protection de nos organisations au moyen de points de contact dans la police. Au cours de l’exécution de cette mission, il créa un système couvrant toute la France, et qui eut pour résultats :

1 - De nous fournir régulièrement les copies d’un grand nombre d’importantes pièces courantes de la police française, nous permettant de recueillir une masse d’informations de nature politique et de contre-espionnage dont la valeur est évidente.

2 - De créer un service de renseignements militaires dont le renseignement n’est dépassé que par deux ou trois anciennes organisations, et que le War Office considère en qualité comme la meilleure de ses sources d’origine française.

3 - A été directement l’auteur de la mise en liberté d’une vingtaine de membres de nos organisations, détenus en prison, y compris quelques-uns dont la détention prolongée aurait eu un effet désastreux sur nos opérations régulières d’intelligence. A permis par des avertissements à d’innombrables membres de groupes travaillant contre les Allemands, d’échapper à l’arrestation.

A été d’une aide inappréciable grâce aux facilités qu’il a fournies à presque toutes nos organisations d’intelligence. » 

 

Il est également promu par le général de Gaulle  au grade d’officier dans la Légion d’Honneur :

 

«  Officier d’une intelligence brillante, d’un entrain légendaire … lors des combats pour la libération de Paris, a contribué d’une manière décisive au nettoyage des nids allemands de résistance qui se trouvaient rue de Bourgogne , en commandant l’action de quatre  automitrailleuses de la 2è Division Blindée . Magnifique combattant des Forces Françaises Libres, déjà cité 3 fois, cette promotion entraine le droit au port de la Croix de Guerre avec Palme ».

 

Il se voit décerner  aussi une citation à l’ordre de l’Armée :

 

«  Brillant officier, a, le 25 août 1944, assuré la protection personnelle du général de Gaulle lors de son arrivée à Paris, et a dirigé les opérations de nettoyage effectuées autour du ministère de la Guerre et à la Chambre des Députés avec des éléments de l’armée Leclerc mis à sa disposition. »

 

Enfin et surtout, par ordonnance du 7 janvier 1944, il est fait « Compagnon de la Libération » par le Général de Gaulle.

       L'Ordre de la Libération

        Le 16 novembre 1940, le général de Gaulle,  fondateur de l’ordre de la                Libération  et seul Grand Maître, définissait le cadre de son attribution                «pour actions exceptionnelles » et le ruban de la décoration,  « au noir du          deuil et au vert de l’espérance ». Au centre de l’écu de bronze                              rectangulaire, surgit le glaive surchargé de la croix de Lorraine. À son                revers, la devise Patriam servando, victoriam tulit  (en servant la patrie, il          apporte la victoire).

        Il en clôturait les attributions, au nombre de mille cinquante-neuf                        membres, le 23 janvier 1946.

        Cette chevalerie exceptionnelle s’éteindra avec la disparition du dernier              Compagnon qui occupera le cercueil vide dans la crypte du Mont Valérien.

L’après-Libération

 

Le 30 septembre 1944 la mission d’Ajax arrivée à son terme, il procède à  la liquidation du réseau  jusqu’à la fin 1947. Il en solde les comptes  et remet à la France Combattante  les économies du réseau à hauteur de douze millions seize mille francs dont le reversement sera effectué à la Caisse des Dépôts et Consignations.

 

1945

 

Préfet,  nommé directeur général adjoint de la Sûreté Nationale  par le général de Gaulle  le 26 août 1944 afin de réorganiser la police, il semble avoir sa carrière tracée en tant que haut fonctionnaire de l’Etat. Mais les luttes intestines, rivalités et jalousies de l’après-guerre créent un climat malsain. Sa proposition d’unification de la police sur tout le pays dérange. Il se voit brutalement affecté à Baden-Baden en tant que directeur général de la police pour la zone d’occupation en Allemagne sans respecter les formes dues à sa fonction de préfet.  De surcroit il n’entend pas s’éloigner de la capitale.  Il remet avec insistance et  en vain  sa démission ou sa mise en disponibilité.  Il finira  par obtenir sa mise en détachement en s’engageant  en politique pour la première fois.

TÉMOIGNAGES

Pourquoi “ Ajax“

 

« On m’a demandé de créer un réseau que j’ai baptisé « Ajax » pour des raisons évidentes, parce que je suis originaire d’Ajaccio et parce qu’il y a aussi les deux héros grecs et  «  la colère d’Achille ».

Interview par  Henri Pajaud, 25 juin 1969

Achille Peretti, commissaire de Police

La Résistance

 «  Achille Peretti, comme un certain nombre d’entre nous, survivants, est né de la Résistance, de la résistance intérieure ou extérieure et il était un Résistant d’instinct. Dans son cœur, dans son esprit, dans son âme, sa grande patrie et sa petite patrie confondues dans un même amour ; à partir du moment où la patrie était occupée, humiliée, souillée, à partir de ce moment là, il n’y avait pas à réfléchir, il y avait à refuser, à se dresser contre l’occupant et à ne plus avoir d’autre pensée que de le chasser et c’est bien ce qui s’est passé"

Jacques Chaban-Delmas, Compagnon de la Libération, le 3 mai 1984 lors de l’inauguration de la Place Achille-Peretti à Neuilly s/Seine

Peretti, alias Vatier

Carte d’identité, passeport, plaque Paul Vatier

"Achille Peretti-Ajax, ancien commissaire de police à la tête d’un réseau faramineux qui eut des résultats militaires extraordinaires sans avoir pour ainsi dire de casse car toutes ses filières étaient entre les mains de la police, et il disposait de toutes les fiches de la police fort utiles pour le contre-espionnage et le recrutement ".

Archives nationales BCRA

En hommage, le drapeau des  Anciens du réseau "Ajax "à leur patron 

 

"En 1940 à Nice, aux côtés de Simon Cotoni, son aîné et son ami, Achille Peretti, guidé par sa propre conscience et son humanisme, avait fait le bon choix. "

L’Adieu d’un ami, Pierre Galante, grand reporter à Paris-Match.

Achille Peretti, colonel Vatier

"Au cours des conversations que j’eus avec lui, je réalisai l’étendue de ses contacts et de ses amitiés au sein de la Police. Je lui demandai donc de rentrer en France pour y monter son propre réseau, ce qu’il fit, sous le nom de « Réseau Ajax ». Sous son impulsion, ce réseau se développa rapidement sur l’ensemble du territoire, alors entièrement occupé par l’ennemi »

Le Courage et le Cœur, André Dewavrin, colonel Passy.

Le héros et martyr Fred Scamaroni 

Compagnon de la Libération à titre posthume.

En 1939 refusant son statut d’« affecté spécial » en tant que chef de cabinet du Préfet du Doubs, il demande son engagement dans les Forces Armées et intègre l’Aviation. Ayant réussi à rejoindre Londres le 24 juin 1940, il est accepté aussitôt dans les Forces Françaises Libres et remplit de nombreuses et périlleuses  missions. Le 18 mars 1943, trahi par son radio du réseau R2 Corse, il est arrêté par l’OVRA (contre-espionnage italien). Pour ne pas parler il se tranche la gorge avec un fil de fer et trace avec son sang le message «  Vive la France, vive de Gaulle

Le baiser de la Libération

 

AU PALAIS BOURBON

 

Gilles Primont

 

Le peloton de protection du général de Gaulle aux ordres du lieutenant Matousek va attaquer par la rue Saint-Dominique et la rue de Bourgogne sous l’œil attentif des photographes Robert Capa et Bob Landry et l’aspirant Willing laissera un compte-rendu précis de l’action (Calots rouges et Croix de Lorraine ; carnet de la Sabretache hors série).

Il est 17h00 quand le général de Gaulle pénètre avec sa suite dans le Ministère qu’il avait quitté en juin 1940. Le général Juin qui reste notre seul interlocuteur et auquel je demande de nouvelles instructions me répond : Départ pour la Préfecture de police puis l’Hôtel de Ville à 18h30. En attendant assurez la sécurité des abords du Ministère. Aussitôt dit, aussitôt fait puisque le lieutenant Matousek et les blindés de tête sont déjà engagés dans le combat au canon et à la mitrailleuse à l’angle des rues de Bourgogne et Saint-Dominique. 

Tirant en  direction de la grille du portail d’entrée du palais Bourbon, l’adjudant Claudepierre vient de réduire au silence un blockhaus qui s’y trouve et de démanteler avec un obus de 37 le poste de Flak situé sur le toit de la Chambre des députés. C’est à présent au tour de l’aspirant adjoint, chef des éléments portés du peloton, les 14 hommes des équipages des jeeps, d’entrer en action. Ce groupe est bénévolement renforcé par deux civils dégourdis et particulièrement courageux sous le feu. J’apprendrai plus tard que l’un d’entre eux est M. Achille Peretti, futur maire de Neuilly-sur-Seine et l’autre M. Robert Capa, correspondant de guerre américain de la revue Life, tué en Corée quelques années plus tard.

André Dewavrin, aliasPassy 

Polytechnicien, commandant de Génie du Corps expéditionnaire français en Norvège en avril 1940,  il se trouve déjà en Angleterre lors de l'Appel du 18 juin. Aussitôt placé sous les ordres du général de Gaulle, il est chargé d'organiser un service de renseignements sans aucuns moyens à cette époque là. Sous le pseudonyme Passy, il créé et dirige le BCRA fournissant ainsi à la France Libre quantité de renseigments militaires et civils. En raison de nombreuses missions et initiatives aussi périlleuses que brillantes, le Général le fait Compagnon de la Libération en 1943. Plus tard, il siègera au Conseil municipal de Neuilly aux côtés d'Achille Peretti.

Achille Peretti, aux côtés du général de Gaulle, le 26 août 1944, lors du  Te Deum à Notre Dame de Paris. 

Winston Churchill

 

En 1958, de façon exceptionnelle, le général de Gaulle ouvre l'Ordre pour remettre la Croix de la Libération à Winston Churchill. 

Premier ministre de Grande Bretagne, premier lord du Trésor et ministre de la Défense, Churchill, au moment de la débâcle, fait triompher l'idée de poursuivre la lutte contre Hitler et prononce la fameuse phrase : "je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, du travail, de la sueur et des larmes". 

Sur la photo, A. Peretti, à l'extrême droite